Entrer votre recherche

Christian Louboutin : 30 ans de création au Palais de la porte Dorée

Avatar
Partager

Entre inspirations et amitiés, souvenirs d’enfance et anecdotes VIP, le plus célèbre des faiseurs de souliers français investit pendant six mois le Palais de la porte Dorée, à Paris.

C’est l’histoire d’une chaussure. Ou plutôt celle d’un panneau de signalétique placé à l’entrée d’un musée parisien, interdisant aux visiteuses de marcher avec des talons hauts sur ses sols précieux. Ce souvenir est celui d’un enfant parisien qui aimait passer ses dimanches à parcourir les galeries du Palais et de l’aquarium tropical.

Christian Louboutin a 11 ans, il débute une longue histoire d’amour qui dure encore aujourd’hui entre le célèbre chausseur de stars qu’il est devenu et le Palais de la porte Dorée, construit à l’occasion de l’Exposition coloniale internationale de 1931 et qui accueille depuis 2007 la Cité nationale de l’histoire de l’immigration. Ce dessin représentant un escarpin haut perché à bout très pointu, barré d’un rouge d’interdiction, l’obsède au point qu’il le dessine sur ses cahiers d’écolier. Il ne le sait pas encore, mais il vient de trouver l’image de ce qui sera en 2004 l’inspiration du soulier Pigalle, une des créations les plus connues de son corpus qui en compte aujourd’hui des milliers.

Ce même musée lui rend hommage au travers de l’exposition « Christian Louboutin : l’exhibition[niste] ». « C’est un jeu de mots entre exhibition en anglais qui signifie exposition et le fait de révéler une partie de soi aux autres, raconte le créateur de 57 ans. Les deux sont assez proches, mais il y a une notion plus subversive dans le fait de s’exhiber qui me plaît, car en montrant mon travail je m’expose de manière plus intime. » Les Louboutin d’avant la semelle rouge, la mise en scène d’un atelier retraçant la centaine d’étapes nécessaires à la réalisation d’un soulier, des croquis de modèles destinés et jamais envoyés à Azzedine Alaïa (dont le travail et l’exigence le fascinent), si l’événement retrace trente ans de création, il est aussi et surtout un hommage à l’art et aux savoir-faire des métiers du monde entier, aux personnalités et aux lieux qui ont contribué à nourrir son imaginaire.

Aussi, pour réunir ces sources d’inspiration, Christian Louboutin a demandé aux ateliers parisiens de la Maison du vitrail de réaliser huit grands vitraux (rétro-éclairés comme dans une église) qui reprennent, entre autres, les pensées d’Andy Warhol, les plumes des bacchanales des Folies Bergère, le haut-de-forme de Marlene Dietrich et la tour Eiffel.

A quelques pas de là, dans l’une des trois cryptes de la salle des Trésors, c’est à l’artiste pakistanais Imran Qureshi qu’il a demandé d’imaginer une œuvre, reprenant son travail singulier d’explosions de couleur rouge. Il y a aussi les Nudes, cette ligne inclusive dédiée depuis 2006 à toutes les carnations, que l’on (re)découvre à travers le travail du duo d’artistes anglais Whitaker-Malem et leurs neuf sculptures gainées de cuir. Ou ces souliers imaginés pour ne pas marcher, issus d’une collaboration en 2007 avec le réalisateur David Lynch, histoire de ne pas oublier qu’au-delà de son usage la chaussure est aussi un objet d’art.

OÙ ET QUAND ?

Au Palais de la porte Dorée, 293, avenue Daumesnil, Paris XIIe , jusqu’au 26 juillet.