Retour sur le show Dior haute couture printemps-été 2018 placé sous le signe du surréalisme, et temps fort de ce premier jour des défilés haute couture.

L’imaginaire, le rêve, l’inconscient continuent de guider Maria Grazia Chiuri dans son processus créatif. Pour ce défilé haute couture, la directrice artistique de Christian Dior a puisé son inspiration dans le mouvement surréaliste du début du XXe siècle, qui cherchait à libérer la création de toute contrainte et logique. Elle s’est tout particulièrement intéressée au travail de Leonor Fini, une des grandes artistes peintres de ce courant, qui s’était liée d’amitié avec Christian Dior à son arrivée à Paris à la fin des années 1930. «Seule l’inévitable théâtralité de la vie m’intéresse» disait-elle. Maria Grazia Chiuri la prend au mot en proposant 72 créations, au milieu d’un échiquier version XXL, déclinées en noir et blanc, qui jouent sur l’illusion, le fantastique et l’irréel.

Il s’agit de se mettre en scène pour mieux s’affirmer. La femme Dior ose tout. Elle aime défier les apparences avec des robes du soir dont les plis gansés de noir se feuillettent comme les pages d’un livre. Les silhouettes en robes de damiers semblent tout droit sorties du conte d’Alice au pays des merveilles. Le fantastique s’invite aussi sur les robes-cages d’oiseau – motif récurrent des œuvres surréalistes – transfigurées en un réseau de rubans tubulaires noirs qui enserrent le corps et jouent sur la transparence. Délicate, évanescente, libre, assurée. Rien n’entrave la démarche de la femme Dior dans ses longues robes aériennes d’organza ou mousseline de soie piquées de papillons ou de broderies ésotériques. Elle déambule avec des loups en plume habillant leur regard et des vestes bar revisitées aux épaules ailées. Plus que jamais, Maria Grazia Chiuri a voulu que sa collection haute couture soit dans le registre du merveilleux.

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