Vendredi dernier, lors de la Fashion Week parisienne, Maria Grazia Chiuri a fait entrer Dior dans une nouvelle ère, avec une première collection courageuse et féministe

 » We should all be feminists  » ( « Nous devrions tous être féministes ») : le message s’imprimait en lettres noires sur des t-shirts blancs, portés avec de longues jupes. D’autres t-shirts affichaient l’expression « Dio(r)evolution ». Rendez-vous très attendu de la quatrième journée de la Fashion Week parisienne, ce défilé marquait les débuts chez Dior de la créatrice de 52 ans, auparavant à la tête de la création de Valentino et qui a succédé en juillet au Belge Raf Simons.

Chez Maria Grazia Chiuri, le féminisme se pare de l’uniforme de l’escrimeuse, masque mis à part. Un uniforme qui permet d’échapper « aux catégories stéréotypées masculin/féminin »

Une allure peu habituelle de la part de cette créatrice venue de chez Valentino, où elle s’est fait connaître aux côtés de Pierpaolo Piccioli par ses silhouettes romantiques, influencées par la période de la Renaissance.

Des coeurs rouges brodés viennent orner des gilets matelassés et équipés de sangles, portés avec des pantalons corsaires, ou une robe bustier blanche en tulle à plumetis. « Parfois je trouve que les femmes utilisent plus leur coeur que leur raison, il faut qu’elles trouvent l’équilibre entre les deux », juge la créatrice, qui supervise chez Dior les collections haute couture, prêt-à -porter et accessoires féminins.

Des bottes lacées et plates donnent une allure sportive à une robe en maille crochet qui laisse voir les dessous.

En choisissant de bannir tout talon aux pieds de ses mannequins, Maria Grazia Chiuri a envoyé un message fort. Baskets et chaussures d’escrime montante, sont les souliers de ses femmes modernes et combattantes.

 Une casquette à large visière vient contrebalancer la solennité d’une longue robe en crêpe de laine. Si le noir et blanc dominent la palette de cette collection, le rouge fait une irruption remarquée sur un ensemble perfecto/jupe en tulle façon tutu.

L’esprit lingerie est très présent, et les transparences abondent. Un glaive brodé sur une jupe rappelle l’inspiration médiévale chère à la créatrice, tandis qu’une série de robe longues en tulle couleur chair sur lesquelles sont brodés des signes astrologiques, rappelant le côté superstitieux de Christian Dior.

Le motif de l’abeille, brodé ici et là dans la collection, est aussi une référence à « Monsieur Dior » ainsi qu’à Napoléon et Rome, ville natale de la créatrice. Mais le fondateur de la maison n’est « pas la seule référence » de la nouvelle directrice artistique, qui a pris soin de citer tous ses prédécesseurs, dont John Galliano, « une immense référence pour ma génération ».

Le défilé, qui se tenait dans un décor gris perle, dans une structure éphémère construite au Musée Rodin, a rassemblé de nombreuses célébrités. Outre les égéries de la marque comme Rihanna, Jennifer Lawrence et Marion Cotillard, étaient présents les créateurs Alber Elbaz, Pierre Cardin et Pierpaolo Piccioli, ainsi que Kate Moss, Carla Bruni-Sarkozy et la ministre de la Culture Audrey Azoulay.

Dior, féministe, enfin !